Patrice Lebreton





« L’Age de porcelaine »

D’un voyage allant de mes expériences de cuissons primitives aux cuissons des plus hautes températures, j’ai rapporté ces contrastes.
La terre marquée par le feu, enfumée, brute et noircie accueille en son centre la blancheur de la porcelaine. C’est comme la terre mère qui en son cœur recèle quelques minéraux précieux.
Il y a pour moi quelque chose de « géologique » imprimé par le feu les gaz et les fumées, qui ont laissés leurs traces subtiles.
Je m’attarde à focaliser les mouvements que l’argile suggère, c’est une recherche d’équilibre où la terre triturée, étirée, enroulée, serrée, stratifiée, vient combler un espace.
La pluralité de ces mouvements crée des ensembles qui s’installent comme des bandes de lecture où chaque espace en appelle un suivant m’entrainant moi-même dans cette attitude mobile et infinie.

Pour certains travaux, le support est celui de l’ardoise. Mise à la lumière, venue des profondeurs elle a reçu son empreinte du temps et des forces primaires. Se rejoint alors la matière argileuse élaborée en atelier et celle de la pierre.
De l’âge de pierre à cet âge de porcelaine, des millénaires nous séparent.

D’autres réalisations complètent mes recherches.
Faisant abstraction de l’action du feu et du « faire céramique » mes argiles formant des palettes aux teintes naturelles variées s’offrent comme matériau pictural.
Ces tableaux d’argiles crues créent un pont entre passé et avenir révèlent pour moi les harmonies discrètes de notre planète .

Patrice LEBRETON
Eté 2010