Hervé ROCHE






Depuis plus de dix sept ans, les peintures d’Hervé Roche interrogent le paysage. Des premières prises de vue par cerf volant, aux réappropriations de plans ou aux cartes inventées, le peintre s’attache toujours à questionner l’homme et son rapport physique au monde. Le paysage est vu de l’extérieur comme de l’intérieur, entre perception du sensible et vue de l’esprit. Dans un dialogue permanent entre figuration et abstraction, il donne quelques éléments lisibles : arbres, haies, fleuve, montagne, pour que l’oeil reconstruise un paysage et se meuve dans ses ruptures. Car les mises à l’échelle sont truquées, les plans de dessus sont inclus dans les plans de coupe, les tracés de cartes viennent veiner des paysages en contre-plongée. Plusieurs regards se conjuguent où l’on peut reconnaître la terre, la roche, les racines et même le magma des origines. Hervé Roche donne naissance à un monde géologique où le macrocosme et le microcosme se fondent pour se confondre. Dans ses toiles, les temps se succèdent et se multiplient, comme se multiplient les lieux et les espaces. Si le spectateur voyage dans les peintures d’Hervé Roche, c’est qu’il ne suffit pas d’un seul regard pour appréhender l’ensemble des points de vue. Il s’agit d’effectuer un parcours visuel, un itinéraire de découverte, constitué d’allers et retours où le don d’ubiquité nous est accordé.