Jacky BESSON





L’œuvre de Jacky BESSON a à voir avec l’espace et le temps. Sorte de rappel métaphysique d’une modernité d’où les dieux se sont, depuis belle lurette, retirés. Avec les pieux de schistes, nous sommes là dominés par ces pierres anthropomorphes et sombres. La patine du schiste, maîtrisée par l’artiste, nous évoque le temps où l’humanité s’arrachait péniblement à la matière. Les têtes entraînent avec elles une masse corporelle encore engluée dans le sol. Jacky BESSON met en scène le drame originel. Que d’efforts humains pour s’arracher au chaos. Nous sont présentés ici les témoins d’une scène primitive où un lien sacré nous rappelle aux ancêtres. Témoin cette écriture à jamais indéchiffrable, quelques signes ça et là sur ces sculptures ardoisées dont Jacky BESSON a scarifié le ventre ou le dos.
C’est cette tension fondatrice entre ordre et désordre, entre humanité et matérialité, entre forces célestes et forces chthoniennes, que captent ces sculptures…

Gérard Grandin. Sociologue.